Ma ćuti, pusti / Tais-toi, laisse tomber

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Šta čujemo kada nam kažu da ćutimo? Ma ćuti, pusti / Tais-toi, laisse tomber je umetničko-istraživački projekat Marije Kalafatić i Ljiljane Maletin Vojvodić (KEC Art Box, Novi Sad) koji ćutanje preispituje kao lično iskustvo, društveni mehanizam i kulturni obrazac.

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Autorke, različitih generacija i profesionalnih iskustava, koje žive i rade u Francuskoj i Srbiji, polaze od ličnih iskustava i porodičnih obrazaca kako bi mehanizme ućutkivanja sagledale u širem društvenom i kulturnom kontekstu.

Cilj projekta je da otvori prostor za govor, slušanje i razmenu iskustava, kao i da individualni narativi žena postanu deo šireg društvenog diskursa.

Odgovori prikupljeni ovim upitnikom postaće deo anonimne istraživačke arhive, koja će biti dalje interpretirana kroz različite umetničke forme i javne prezentacije.

Učešće je anonimno i dobrovoljno. Informacije o narednim fazama projekta i njegovim rezultatima biće dostupne na veb-stranici projekta.

Evo nekoliko najupečatljivijih rečenica iz ispovesti prikupljenih kroz naš upitnik u okviru projekta „Ma ćuti, pusti / Tais-toi, laisse tomber“. Ovo su lična iskustva žena koja otvaraju pitanja ćutanja, porodičnih obrazaca, nasilja, majčinstva i prava žene da bude saslušana.

„Danas to mogu da kažem bez sramote, bez zastajkivanja i bez ulepšavanja, jer znam da ta istina nije moja sramota.“

„To nije samo savet. To je ceo jedan obrazac: ćuti da ne praviš problem, ćuti da ne kvariš sliku, ćuti da ne bi bilo gore, ćuti da se ne bi pričalo.“

„Rano sam postala ‘crna ovca’ — ne zato što sam bila loša, nego zato što nisam umela i nisam htela da ćutim.“

„Nasilje nije samo udarac. Nasilje je i vikanje, vređanje, ponižavanje, zastrašivanje, stalno prebacivanje krivice, guranje žene u ćošak dok ne počne da se pravda za sopstveno postojanje.“

„Kada žena ćuti, sve se podrazumeva. Kada progovori, često postaje ‘teška’, ‘konfliktna’ ili ‘problematična’.“

„Ako je žena tiha, onda nije dovoljno jaka. Ako progovori, onda je agresivna. Ako brine, onda preteruje. Ako postavi granicu, onda je hladna ili sebična.“

„Pristanak za mene znači da moje ‘ne’ mora da bude dovoljno. Da ne moram stalno da se pravdam, objašnjavam, dokazujem i borim da bi neko poštovao moju granicu.“

„Možda sam za svoju porodicu i dalje crna ovca, jer moj put nije klasičan i jer ne ćutim na nepravdu, ali ja to više ne vidim kao sramotu.“

„Najličnije me zanima kako žena može da prekine porodične obrasce, da zaštiti svoju decu, ali i sebe, i da konačno prestane da živi za tuđu sliku, a počne da živi za istinu, mir, granice i dostojanstvo.“

Ljiljana Maletin Vojvodić, How We Are Cut (Kako smo skrojene), objekat od pronađenih predmeta, 2026.

Open Studio, Konstepidemin, Geteborg, Švedska

U radu How We Are Cut, Ljiljana Maletin Vojvodić koristi second hand krojeve za haljine marke Burda, kupljene u prodavnici polovne robe Saronkyrkan Second Hand u Geteborgu. Ti stari krojevi postaju površine na kojima autorka ispisuje svakodnevne poruke upućene ženama — poruke koje, svesno ili nesvesno, nastoje da oblikuju njihove živote.

Ukoliko želite da doprinesete daljem istraživanju kroz razgovor, ličnu priču ili umetnički rad, možete nam pisati na imejl adrese:

ljiljanamv@artboxportal.com

marijakalafatic@gmail.com

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Tais-toi, laisse tomber / Ma ćuti, pusti

Qu’entendons-nous lorsqu’on nous dit de nous taire? Tais-toi, laisse tomber / Ma ćuti, pusti est un projet artistique et de recherche de Marija Kalafatić et Ljiljana Maletin Vojvodić (KEC Art Box, Novi Sad), qui interroge le silence comme expérience personnelle, comme mécanisme social et comme modèle culturel.

Les autrices, issues de générations et de parcours professionnels différents, vivant et travaillant en France et en Serbie, partent de leurs expériences personnelles et de leurs schémas familiaux afin d’examiner les mécanismes de mise au silence dans un contexte social et culturel plus large.

L’objectif du projet est d’ouvrir un espace de parole, d’écoute et de partage d’expériences, afin que les récits individuels des femmes puissent également prendre place dans un discours social plus large.

Les réponses recueillies dans le cadre de ce questionnaire feront partie d’une archive de recherche anonyme, qui sera ensuite interprétée à travers différentes formes artistiques et présentations publiques.

La participation est anonyme et volontaire.

Voici quelques-unes des phrases les plus marquantes extraites des témoignages recueillis dans le cadre de notre questionnaire, réalisé au sein du projet Tais-toi, laisse tomber / Ma ćuti, pusti. Ces expériences personnelles de femmes soulèvent des questions liées au silence, aux schémas familiaux, aux violences, à la maternité et au droit des femmes à être entendues.

« Aujourd’hui, je peux le dire sans honte, sans hésitation et sans chercher à embellir la réalité, car je sais que cette vérité n’est pas une honte pour moi. »

« Ce n’est pas seulement un conseil. C’est tout un schéma qui se répète : tais-toi pour ne pas créer de problèmes, tais-toi pour ne pas ternir l’image, tais-toi pour que les choses n’empirent pas, tais-toi pour éviter les commérages. »

« Je suis devenue très tôt le “vilain petit canard” — non pas parce que j’étais mauvaise, mais parce que je ne savais pas et ne voulais pas me taire. »

« La violence ne se résume pas aux coups. Elle prend aussi la forme de cris, d’insultes, d’humiliations, d’intimidations, de reproches incessants et de cette façon de coincer une femme dans un angle jusqu’à ce qu’elle en vienne à devoir justifier sa propre existence. »

« Quand une femme se tait, tout va de soi. Quand elle prend la parole, elle devient souvent difficile, conflictuelle ou problématique. »

« Si une femme se tait, c’est qu’elle n’est pas assez forte. Si elle prend la parole, elle est agressive. Si elle s’inquiète, elle exagère. Si elle pose des limites, elle est froide ou égoïste. »

« Pour moi, le consentement signifie que mon “non” doit suffire. Je ne devrais pas avoir à me justifier, à m’expliquer, à prouver sans cesse et à me battre pour que mes limites soient respectées. »

« Je suis peut-être encore le vilain petit canard de ma famille, parce que mon parcours ne correspond pas aux normes et que je refuse de me taire face à l’injustice, mais je ne le considère plus comme une honte. »

« Ce qui me touche le plus intimement, c’est la question de savoir comment une femme peut rompre avec les schémas familiaux, protéger ses enfants, mais aussi se protéger elle-même, et enfin cesser de vivre pour préserver les apparences des autres, afin de vivre selon la vérité, dans la paix, le respect de ses limites et la dignité. »

Ljiljana Maletin Vojvodić, How We Are Cut, objet trouvé, 2026.

Open Studio, Konstepidemin, Göteborg, Suède

Dans How We Are Cut, Ljiljana Maletin Vojvodić travaille à partir de patrons de couture Burda d’occasion, achetés chez Saronkyrkan Second Hand, à Göteborg. Ces anciens patrons deviennent des supports sur lesquels l’artiste inscrit des récits du quotidien adressés aux femmes — des récits qui cherchent, consciemment ou inconsciemment, à façonner leur vie.

Les informations concernant les prochaines étapes du projet ainsi que ses résultats seront disponibles sur la page du projet.

Si vous souhaitez contribuer à la suite de cette recherche par un entretien, un récit personnel ou une contribution artistique, vous pouvez nous écrire aux adresses suivantes:

ljiljanamv@artboxportal.com

marijakalafatic@gmail.com

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